A qui sont ces visages ? Ils appartiennent à des personnes croisées dans la rue, à des personnes imaginées, fantasmées parfois…

Ces visages ne nous disent rien, mais pourtant, ils nous interpellent…Je les imagine comme des paysages, plus précisément des territoires d’expressions. Ils évoquent des sentiments enfouis et/ou contrariés. Ces visages nous regardent parfois avec insistance. Comme on retient quelqu’un par la manche. Peut-être nous disent-ils que nous ne sommes pas, que nous ne devons pas êtres, des étrangers les uns aux autres.

 

 

« Je veux que celui qui regarde le tableau soit avec lui, pas avec moi. Je veux qu’il voie ce qu’il y a sur la toile. Rien d’autre. Le noir est formidable pour ça, il reflète. Les mouvements qui comptent ce sont ceux de celui qui regarde. L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. » Pierre Soulages